Israël – Palestine, l’effroyable Vérité.

Un rabbin apprenant l’effroyable nouvelle.

La nouvelle est tombée comme un couperet le 29 Février 2009, mais je l’apprends à l’instant.

Tom, le charismatique leader du groupe Tokio Hotel a été admis d’urgence à l’hôpital de Hambourg pour un herpès génital aggravé.

Il semblait pourtant peu probable à la communauté scientifique que le jeune homme soit apte à s’accoupler au vu de son taux de testostérone inhabituel, mais si les voies du seigneur sont impénétrables, il s’avère que celles des fans sont tout à fait praticables.

Même si le pronostic vital n’était pas engagé, la dépêche, publiée à 22h par l’AFP avait de quoi alarmer les aficionados du groupe. Philippe Manoeuvre  lui-même aurait fait part de sa vive inquiétude aux proches de la victime.

Hélas, il fallait s’y attendre, le lendemain, à l’aube, l’attachée de presse du groupe annonçait à la face du monde avec une voix pleine d’amertume le non-décès de Tom, provocant un vif désarroi dans les rangs de l’intelligencia européenne.

Les funérailles n’auront pas lieu, et c’est bien dommage. Un tragique destin à la Jim Morrison aurait sans doute contribué à rendre le groupe immortel.

Tout cela n’a strictement rien à voir avec le sujet de la chronique, mais il est toujours plaisant de rire du malheur de Tokio Hotel, surtout quand il s’agit d’infections uro-génitales.

 

Pierre-Emmanuel Barré

 

 

Marc Levy ou le potentiel burlesque de la mine antipersonnel.

Marc Levy, icône humoristique

Des « gueules cassées » de 14-18 aux Cambodgiens de Pol Pot, l’estropié a très largement contribué à l’évolution du comique de situation jusqu’à notre ère. S’il est vrai que la perte d’une jambe est indéniablement un petit pas pour l’homme, elle est très certainement un bond de géant pour le stand up.

Le public européen a longtemps été victime inconsciente d’un bon goût normalisé, imposé par Sébastien Folin, Olivia Adriaco et leurs réjouissants comparses de Vidéogag©.

La prise de contact virile entre un sapin et une luge transportant un nourrisson était alors le sommet du raffinement en manière d’humour. On se tordait alors de rire devant le deltaplaniste un peu gauche, se retrouvant nez à nez avec une bergerie en granit, on évoquait avec un sourire la fracture ouverte tibia-péroné du skieur facétieux et Jean-Jacques Devos galvanisait les foules avec son sketch sur le vagin des prostituées thaïlandaises, c’était le bon temps.

S’afficher en public avec un bras ou une jambe manquante était alors considéré comme un impardonnable manquement aux règles du savoir-vivre. Il était inimaginable pour le manchot lambda de profiter d’un plaisir aussi succinct qu’un dîner entre ami chez Léon de Bruxelles, ne serait-ce qu’à cause des rince-doigts.

En Janvier 1997, Lady Diana, princesse de Galles et donneuse d’organes, tente, lors de son voyage en Angola en tant qu’ambassadrice de la croix rouge, d’intégrer les unijambistes au paysage audiovisuel européen.

C’est une réussite. Le public français est conquis et en redemande. L’handi-humour est né.

L’année suivante, Christophe Dugarry fait éclater de rire des millions de téléspectateurs avec un sketch acidulé racontant les tribulations d’un footballeur tétraplégique se retrouvant malencontreusement dans la sélection nationale.

Les codes de l’humour sont bouleversés, les stars du rire de l’époque comme Vincent Lagaf, sont prises de court par le phénomène et la scène comique française réclame de la fraîcheur.

Elle la trouve dans l’excellente série « les filles d’à coté » ou Adeline Blondeau interprète avec brio le rôle d’une myopathe ; ou dans le fameux trio de comiques moteurs cérébraux les très subversifs 2be3, longtemps copiés mais jamais égalés.

Le tsunami humoristique est en marche, Christopher Reeves, Stephen Hawkins et Passe-Partout trustent les écrans, les frères Bogdanov électrisent les ménagères, et Mimie Mathy transcende la subversion en transposant à l’écran l’histoire d’une naine magique, qui intervient dans la vie des gens pour leur indiquer la voie. C’est Big Brother en petit et en féminin, ça donnerai un truc comme little sister, mais peu importe, George Orwell avait raison.

Tout le monde se lance dans l’handi-humour avec plus ou moins de réussite : Vincent Delerm et son piano, Christophe Maé, Philippe Risoli, même Bernard-Henri Levy (d’humeur visiblement badine ce jour-là) pousse la blague jusqu’à épouser Arielle Dombasle, formant ainsi le couple le plus désopilant de l’histoire.

Mais le pape de l’handi-humour d’aujourd’hui reste incontestablement Marc Levy. Son premier livre : « et si c’était vrai » reçoit le prestigieux prix des casinos Lucien Barrière et fait l’effet d’une bombe dans le milieu de l’édition. S’en suivent « Où es-tu ? » et  « Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites » des best sellers.

Ses pamphlets, acérés et sophistiquées, parfois haineux traduisent une immense souffrance et une vision psycho-pathologique du monde qui l’entoure.

Il ouvre la voie à tous ceux qui y croient malgré des déficits intellectuels flagrants, il est la lumière qui guide les myopathes de l’humour vers leur public, il est l’espoir de toute une génération d’estropiés du rire, de ceux qui font rire avec un tel naturel qu’ils ne s’en rendent même pas compte.

 

Cordialement,

Pierre-Emmanuel Barré