Une application facebook absurde

Je découvre à l’instant une nouvelle absurdité électronique : une application facebook permettant une mise à jour de votre statut après votre mort.

Je constate à votre regard que TF1 a très bien travaillé, et vous a beaucoup trop ravagé le cortex.  Donc je vais vous expliquer ce qui ne  va pas, outre l’évidence.

D’abord économiquement, ce sont tous les  notaires qui devront fermer leurs cabinets. Il est désormais à la portée de n’importe quel clampin disposant d’un ordinateur ainsi que d’une connexion à internet de faire son testament filmé depuis la terrasse de son café favori, en compagnie de la charmante escort girl qu’il vient de rencontrer la veille de ses 95 ans, sans avoir pourtant réalisé que ses enfants pourraient tout aussi bien avoir mérité sa villa estivale de Hyères. Dans le Var.

De plus, ne négligeons pas le risque qu’un missile balistique israélien tombe malencontreusement sur Téhéran, provoquant la troisième guerre mondiale, et éradiquant toute forme de civilisation sur Terre, provoquant au passage un engorgement des communications sur internet, alors que plus aucun technicien réseau ne pourra régler ce problème! Vous imaginez un monde sans internet ? Non !

Alors je sais, moi aussi je résiste à la tentation de laisser une épitaphe électronique – j’avais pourtant une formule truculente: « Je sui mor mé jécri sur mon mur lol » – mais il serait triste que les drosophiles,  une fois passées en haut de la chaine alimentaire de l’écosystème survivant, envoient leurs plus grands archéologues déchiffrer notre langage, pour n’y distinguer que des mots grotesques à l’attention des camarades de la classe de BEP coiffure de la jeune Jennifer. On se souvient encore du scandale de la stèle de l’Euphrate.

Merde à celui qui lira

« Merde à celui qui lira »

La fin du monde, les ouvertures faciles, la mythologie mésopotamienne

Aujourd’hui, je ne rigole plus. Le temps est à la repentance. J’écris de ma cave où j’attends la foudre. Je vous explique, parce que vous avez toujours beaucoup de mal à comprendre l’évidence. J’apprends ce jour une nouvelle de la plus haute importance, décrite dans le nouveau testament deux – le retour (1) comme une des prochaines plaies de l’humanité.

Mais commençons par le commencement, comme le dirait un imbécile – heureux ou pas, car il est bien connu que les imbéciles ne sont heureux que lorsqu’ils gagnent une élection.

La semaine du 12 au 18 décembre 2011 fût celle qui engendrera la foudre divine. Avec un an et quelques jours de retard, à cause du décalage horaire. Dieu a un rendez-vous. Sans compter qu’avec le jet-lag, il prendra probablement un peu de temps pour se reposer.

Vous vous posez légitimement la question : « Mais qu’a-t-il bien pu se passer cette semaine là ? »

Eh bien, je vais vous le dire, mais après avoir quelque peu digressé. Saviez-vous que le  4-methylimidazole était un carcinogène ? C’est le colorant du Coca Cola. Faites une pétition vous-même, je ne bois que du vin.

Donc disais-je, du 12 au 18 décembre 2011 s’est déroulée sur le site éminemment connu de l’incapable social adopteunmec.com la semaine du ROUX ! Oui, vous m’avez bien lu. Je sais que désormais vous tremblez, car vous savez que l’heure est proche, et la fin inéluctable.

L’agence auteure de cette publicité a eu la sagesse d’employer un non-roux grimé pour l’occasion.

En zoomant, on voit clairement les sourcils et les cils bruns du modèle.

Avant toute chose, et bien avant de sauter à quelque conclusion hâtive, revenons sur ce que nous savons du roux. Primo, le roux a l’apparence d’un homo sapiens comme un autre, si ce n’est qu’il donne l’impression d’avoir été laissé sur la plage arrière d’une Renault 5 toute une après-midi sur la route longeant la plage de Jard-sur-mer. Secundo, le roux n’a pas d’âme. On le sait depuis que le professeur Erik Cartmeinnstein, éminent archéologue allemand de la période Troisième Royaume, a retrouvé diverses tablettes d’agile babylonienne en Irak en 1938. D’après ces documents exceptionnels, le premier roux serait issu de l’union d’Ereshkigal et Nergal, le couple de déités régnant sur les enfers.

La coquine elle-même, en noir et blanc, l’invention de la photo en couleur n’ayant pas encore été inventée.

La teinte « feu » de la tignasse de la jeune femme (oui, c’était une femme, évidemment – qui d’autre qu’une attirante tentatrice eût pu avoir une descendance ?) serait dû aux fourneaux diaboliques dans lesquels Ereshkigal cuisinait le quatre-quarts qu’elle donnait à sa maudite progéniture au goûter. C’est dans ce même four (injustement traduit par le professeur allemand émérite par « le four à Gaspard » – du nom du chien de Nergal, à qui il avait greffé deux têtes supplémentaires un dimanche où il avait boycotté vivement dimanche parce que l’invité était Anne Roumanoff) que la fébrile, douce en apparence, avait tout simplement mis un peu de pâte à modeler dedans pour faire comme maman, inventant par la même occasion le premier faux étron de l’Histoire. Cet incident lui valut la punition classique des 25 coups de fouet, de filer dans sa chambre sans manger, ainsi que, bien évidemment, de se faire ôter son âme, parce que bon, on a beau être gentil, mais quand c’est trop, c’est trop. Le document ne parle pas des précédentes frasques de la donzelle.

Dans ces écrits, dont on attribue la plume à Nabuchodonosor II lui-même, on découvre aussi la malice dont a su faire preuve la nymphe à peine pubère. Dès sa cinquième année achevée, c’est-à-dire à sa majorité sexuelle (oui, les années duraient beaucoup plus longtemps à cette époque là) elle séduisit déjà le prince de Galles, dans le seul but de créer le peuple irlandais, qui allait donner à son tour une lignée de criminels endurcis, prête à conquérir les Amériques et Wall Street.

Vous l’aurez compris, ce récit des plus éminemment scientifiques nous prouve sans aucun doute possible que les roux sont la lie de l’humanité, la fêlure originelle des Rougon-Macquart, les inventeurs de l’emballage à ouverture dite facile.

Pour conclure, la fin du monde est proche, plus que vous ne croyez. Vivez tant que vous le pouvez. L’ire divine arrive, et elle en a après vous.  Moi non, je suis parfait.

Morinv

(1)    En vente dans toutes les bonnes librairies ambulantes. Je parle de ces libraires qui viennent par deux habillés en sari vert.

HADOPI

On nous en parle depuis longtemps, ça y est, la nouvelle HADOPI est née. Conçue pour empêcher les artistes de choir de leur catégorie socio-professionnelle privilégiée, la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits d’auteur sur internet est passée à la vitesse supérieure. Fini les Johnny qui partent en Suisse, fini les Justin Bieber qui ne trouvaient plus de coiffeur acceptant de faire crédit. Désormais, ces pauvres artistes sur le point d’être obligés d’écouter les conseils de Nora Berra pourront enfin vivre avec des revenus au-dessus du seuil de pauvreté. HADOPI prend les devants et envoie des dossiers d’internautes fraudeurs aux procureurs de la république. Ce qui veut dire que, si vous vous faites choper, vous aurez pour voisin dans la file d’attente un violeur multi-récidiviste et un voleur avec ou sans usage d’une arme et avec séquestration avec ou sans libération volontaire. Bienvenue dans le monde de Winston Smith. Au fait, qui encaisse les 1500 euros d’amende ?

Mais avant d’enfoncer le concombre plus profond, posons-nous cette légitime question : Qu’est-ce qu’HADOPI ?

Eh bien c’est une excellente question, ce qui prouve dès le départ la qualité de l’auteur de cet article.

J’ai une réponse très simple ici.

Mais ce n’est pas tout ! HADOPI pourrait être considérée comme une vaste fumisterie par d’obscurs adeptes de la conspiration de satanistes qui mangent des bébés au petit déjeuner, si nous n’étions pas là pour défendre avec véhémence ce bijou, ce concentré de démocratie à lui tout seul.

Prenons pour exemple un simple internaute. Un badaud en octets, un usager des routeurs en commun. Vous et moi. Enfin surtout vous. Cet internaute, disais-je, il navigue, lit, se renseigne, et au détour d’un site d’actualités cinématographiques apprend qu’un nouveau film à sensation est enfin projeté. Ni une, ni deux : notre sympathique Guy – Oui, pour des raisons sanitaires nous l’appellerons Guy – se rend sur le site du diffuseur d’œuvre cinématographique de son quartier, pour y apprendre que la place s’y vend à près de douze euros.

« Douze euros ? » se dit-il. « Mine de rien, ça fait quand même deux pintes. »

Cet affreux état de fait en tête, Guy se met à réfléchir sérieusement  au bien-fondé de se déplacer dans le froid hivernal pour faire la queue pendant 20 minutes dans ce même froid hivernal, pour attraper H5N1 au voisinage d’un enfant obèse qui n’aura pas eu la sagesse de supporter la peur bien justifiée de notre ministère de la santé en prenant sagement son vaccin au collège. Vous pouvez respirer.

« Pire que ça ! » jaillit enfin de l’hémisphère cérébral gauche de notre ami. « Ce film pourrait bien être une bouse ! »

Fort de cette incroyable déduction, particulièrement étonnante de la part de l’un de vous, Guy se dit qu’il pourrait bien économiser 12 euros, aller se chercher un pack de six, et regarder ce film à la maison.

Nous allons maintenant évoquer deux cas. Dans l’hypothèse que nous nommerons « une » pour des raisons qui me sont évidentes, donc cela me suffit, Guy se retrouve dans l’embarrassante situation où il a  aimé ce film, le jury du festival de Rocherolle a bien fait de le récompenser. Dans le second cas, que nous nommerons « second cas », Guy s’aperçoit qu’il a vraiment très bien fait de ne pas aller se geler les miches au contact de micro-organisme qui n’en veulent qu’à ses mitochondries, parce que ce film est une sombre bouse.

Dans le cas « une », dès la fin du générique, Guy se dit qu’il aimerait quand même voir ce petit moment de bonheur dans une salle chauffée. « Ben Tiens samedi soir j’ai rien de prévu, je vais me faire une toile. »

Dans le cas « second cas », Guy a fait des économies, il ressent une ivresse légitime après avoir ingurgité un litre de boisson alcoolisée, et se dit qu’il a bien fait de ne pas filer de pognon à Gaumont pour un navet d’un genre qui, d’après la théorie darwinienne, devrait s’éteindre à un moment où à un autre.

Eh bien c’est sans compter sur HADOPI. Vous n’aimez pas les films niais qui mentent dès la bande-annonce, vous ne pouvez plus faire ce que le consumérisme vous apprend depuis votre plus tendre enfance : Vous procurer un produit au tarif le moins cher. Zéro étant en-dessous de douze.

Alors que le nombre d’entrées ne cesse d’augmenter chaque année (on n’hésite pas à écrire « 215,59 millions de places ont été vendues, un record depuis près de 50 ans » chez certains confrères) le gouvernement ne cesse d’aller au secours  de l’industrie du cinéma, qui finalement, doit souffrir de la goutte plutôt que du cancer. Voir d’hypocondrie. Vous me ferez un essai pour la semaine prochaine.

Ainsi, HADOPI vit le jour.

Souvenez-vous, HADOPI, c’est une lettre envoyée à un pirate pour lui dire qu’on l’a vu. Alors maintenant t’arrêtes, ou je viens te chercher et je t’attrape.  Deuxième avertissement, HADOPI coupe le robinet. Enfin façon de parler, ne faites pas les malins, vous m’avez très bien compris. Même vous deux au fond.

Admettons.

Quelques conspirationnistes de ma connaissance n’hésitent nullement à bafouer l’intelligence et le savoir de notre classe politique en affirmant que cette dernière « fait l’autruche, c’est un écran de fumée, ces croutons ne comprennent pas que le progrès est en marche, et que c’est une tentative de faire s’arrêter un train en empilant deux paquets d’ours en guimauve sur les rails. »

hadopi, vue d'artiste.

hadopi, vue d’artiste.

« -Que nenni, me permis-je de répondre. Vous bafouez l’intelligence et le savoir de notre classe politique ! Ils ne connaissent pas la technique, mais ils sont forts en politique. »

Ayant définitivement bouclé le clapet de cet infâme avec la verve d’un véritable conférencier  –j’ai piqué la réplique à Alain Minc- je me rendis dans mon troquet favori et y commandai un Byrrh, en méditant aux derniers mots de l’incongru. Si nos défenseurs de la propriété intellectuelle étaient si mauvais en technique, les politiques se seraient couverts. Par exemple, en reportant la faute sur quelqu’un. Par exemple, celui qui s’est fait prendre, alors qu’il n’a rien fait. Puis une suite de mots me revint à l’esprit. « Délit de négligence caractérisée ».  Pour parler crûment, « T’as rien vu venir, Guy. C’est ta faute, t’avais qu’à prendre des cours de Hack par correspondance sur la route de l’école de tes enfants. Alors maintenant, tu te débrouilles avec eux pour qu’ils fassent leur exposé sur les liens entre les retombées du réacteur 4 de Fukushima et la soudaine apparition de sept espèces de poissons mangeurs d’homme. »

Notre pauvre Guy se retrouve bien marri : il écope d’une douloureuse de 1500 euros, ce qui fait beaucoup de pintes et deux fois moins de places de cinéma, et sans porno pour passer ses samedi soirs en famille.

Pour en revenir aux aspects techniques, la Quadrature du net le fait mieux que moi. Ce nom vous rappelle quelque chose ? Souvenez-vous du bon mot de Christine Albanel à ce propos.

Après avoir  sérieusement secoué mon cortex, ainsi que le tapis préféré du chat, on est en droit de se demander si HADOPI n’est pas qu’un nouvel organisme créé pour payer un collège et une commission dans le seul et unique but de prendre trois exemple de pauvres Guys qui ne sauront pas se défendre face à une accusation sordide et déjà périmée, juste pour faire peur à tout le monde.

Morinv

Le fichier des gens honnêtes.

Ça y est ! Le fichage des gens honnêtes a été adopté à l’Assemblée Nationale, à 285 voix contre 173. Mais ne voyons pas là une occasion en or pour le gouvernement de surveiller les citoyens. C’est avant tout une solution qui facilitera grandement les recherches de locataires par nos sémillants propriétaires fonciers, en mal de preneur sans difficultés financières. Evidemment, les mauvais esprits verront ici une tentative de contrôle des masses sans vraiment y voir le génie de cette mesure.  Tout d’abord, elle relance l’économie, il faut bien que quelqu’un produise ces fameuses cartes d’identité biométriques. Ce quelqu’un, c’est Morpho, anciennement connu sous le nom de Sagem Sécurité, une filiale du groupe Safran, dont le président actuel, Jean-Paul Herteman, est aussi vice-président du Conseil Général de l’Armement (CGArm), rattaché au ministre de la défense, mais ça n’a absolument aucun rapport.

Rendez-vous compte : un fichier des gens honnêtes, c’est avant tout la liberté de dire «non » à quiconque n’en fait pas partie ! Un peu comme l’université d’été de l’UMP, mais pour les pauvres, où tout un chacun pourra aller de sa truculente saillie drolatique sur les classes sociales, qui ne se valent toutes pas, ou sur les mendiants, parce que quand il y en a un, ça va, c’est quand il y en a plusieurs que ça ne va plus. Rien de plus qu’un club très privé où petits et grands honnêtes pourront se rencontrer et échanger sur leurs valeurs communes, comme l’augmentation du prix du pain, ou du tout nouveau tour de hanches de Loana.

Alors évidemment, je vois venir les cinq adeptes de la théorie de complot, et autres fans de conspiration mondiale et de George Orwell, qui verront là une énième manière de les espionner et de garder trace de leurs faits et gestes, mais ce n’est là rien qu’un lobby pour cacher leurs pratiques sexuelles déviantes et le téléchargement illégal de pédopornographie. Il est évident que celui qui a peur d’être dans un fichier général est évidemment quelqu’un qui a quelque chose à se reprocher.

De là à croire que notre classe politique puisse se servir de ce merveilleux service rendu à la nation, en le couplant à LOPPSI, qui filtre internet, pour permettre à terme à la Police de la Pensée de connaitre en temps réel qui fait caca à quelle heure en détaillant ses penchants politiques, ou ses préférences en matière de blagues. Non ! C’est un mensonge éhonté ! Une extrapolation barbare qui diffamerait nos politiciens en faisant croire à l’irraisonnée masse non-pensante que nos politiciens sont incapables de la moindre morale !

De même que certains autoproclamés « experts », « techniciens » considèrent que la technologie de la puce RFID n’est pas fiable, qu’on peut bricoler un lecteur soi-même avec 40 euros, puis falsifier une carte avec les informations de votre voisin, eh bien je leur réponds que si cela arrive, ce sera de votre faute, d’avoir ainsi jeté en pâture aux criminels une solution clé en main pour continuer à spolier les membres du club. De plus que la carte d’identité biométrique sera munie d’une seconde puce, recueillant la signature électronique de la personne, qui permettra de faciliter les paiements en ligne. Oui, vous voyez, l’Etat vous facilite la vie. Et n’essayez pas de penser que vous serez automatiquement débité du montant de vos impôts lors des checkpoints lorsque vous quitterez la ville pour votre résidence secondaire en Bretagne, le pare feu fiscal sera là pour vous.

EDIT: 24/03/2012 – Le conseil des sages a finalement décidé que cette loi était anticonstitutionnelle, ainsi qu’une atteinte aux libertés individuelles.