Le progrès tue.

Au même titre que le tabac, c’est-à-dire indirectement. Ce n’est pas le tabac qui tue, c’est le cancer. De la même manière, au lieu de nous tirer vers le haut, les progrès technologiques de ces dernières années vous envoient vers le fond. Sans mentionner les cartes GPS qui vous empêchent de mémoriser la géographie de votre quartier, une application pour smartphone a particulièrement retenu mon attention. Elle s’appelle WiShide (je ne mentionne pas non plus l’utilisation de majuscules qui devraient faire se retourner dans leurs tombes la totalité des immortels de l’Académie française) et elle permet aux timides de savoir (ou presque) si la personne vers laquelle le timide est attiré si il/elle ressent la même émotion. Mais ce à plusieurs conditions. Pour simplifier les choses, nous allons appeler notre premier timide « Nicolas », et l’objet de son désir  « la Présidence ».

Premièrement, Nicolas doit être muni d’un smartphone, autrement dit Iphone ou Androïd. On notera que les développeurs se donnent de plus en plus de mal pour assurer l’intercompatibilité de leurs trouvailles. Ou bien que l’âge mental des utilisateurs desdites marques de téléphones mobiles intelligents est loin de concurrencer les aptitudes qu’ont les moules pour la calligraphie.

Ensuite, Nicolas ET la Présidence devront installer la même application sur leurs smartphones respectifs.

Finalement, Nicolas, grand  timide de son état, pourra mettre dans sa liste le fruit de ses désirs dans une liste de contacts désirables. Ainsi, la Présidence se retrouvera aux côtés de « Retraite anticipée dans une villa marocaine offerte par un copain qatari ». Si jamais la Présidence, de son côté, a ajouté Nicolas dans sa liste, alors chacun recevra un message les informant de la réciprocité de leurs sentiments.

Espérons juste que Nicolas et moi ne soyons pas les deux seuls à avoir découvert cette application.

Alors mortel ou pas mortel ? Je réponds que cette idée est destinée à tuer l’homme, car contraire aux enseignements que Darwin et ses successeurs ont tant bien que mal véhiculés jusqu’aujourd’hui. En effet, la technologie compense un trait de caractère sur lequel chacun peut travailler. Que ce soit la force, l’intelligence ou le charisme, il existe un moyen de progresser.  On travaille sa force par l’exercice physique (mais pas trop, sinon ça devient dangereux pour le cerveau, les articulations, et le coeur). On gagne en charisme en étudiant les réactions de ses semblables.  On corrige un défaut d’intelligence en acquérant la sagesse. Profiter gratuitement signifie la stagnation de l’être.

N’acclamez pas ces soi-disant innovations. Une innovation a pour but de faciliter la vie, mais à vous de choisir si ce doit être au prix de votre ascension spirituelle.

Source : http://www.leparisien.fr/laparisienne/societe/timides-l-application-qui-fait-le-premier-pas-pour-vous-02-03-2012-1886495.php

Une bière égale un steak…

…  nous le savions déjà. Mais une étude scientifique récente tendrait à prouver que deux pintes rendraient plus intelligent.

Le mode opératoire est très simple. On prend 40 personnes. On leur pose des devinettes du genre « trouver un quatrième mot qui va avec Suisse, maisonnette et bleu ». « Fromage » étant un candidat  parfaitement valable. Ainsi que « cadavre enterré » bien que l’article n’en fasse pas mention. Puis, on divise le groupe en deux : 20 personnes boivent deux pintes, les 20 autres servant de groupe témoin. On mesure la quantité de bonnes réponses, et la vitesse à laquelle ces dernières sont données.

Les résultats sont exceptionnels. Le groupe ethylisé a résolu 40% de problème de plus que le groupe sobre. Le premier groupe a aussi répondu plus vite : en 12 secondes en moyenne contre 15.5 secondes pour le second.

... ou polytechnicien.

Mon esprit qui, même sans mon Brandy, synthétise les idées plus vite que votre lumière, est déjà parvenu à la conclusion suivante : Si vous ne rigolez pas quand je subtilise la chaise sous la mariée quand elle s’assied, ce n’est pas l’alcool qui me rend idiot, c’est votre sobriété qui vous empêche de saisir la finesse de mon humour.

J’admire le courage de l’auteur de l’article de nydailynews.com à ce propos :

« It may also help explain why raving drunks like Ernest Hemingway, John Cheever or Charles Bukowski were able to write their books. »

Que je traduis:

« Cela aiderait à expliquer pourquoi les poivrots invétérés qu’étaient Ernest Hemigway, John Cleever ou Charles Bukowski étaient capables d’écrire leurs livres. »
Merci de donner une excuse à l’auto-suffisance de chaque soûlard que je pourrai croiser rue Jean-Pierre Timbaud.

L’haplogroupisme, le renouveau du racisme ?

On le constate depuis plusieurs années maintenant, le racisme est en chute libre. Or on oublie trop souvent qu’il a sauvé la mise à nos aïeux au cours de l’histoire, et de l’évolution. C’est cette notion injustement sous-estimée aujourd’hui qui a permis, notamment, aux spartes de sauver leur cité-état. Rappelons-le, les spartes étaient de grands gaillards baraqués qui vivaient en groupe de trois cents,  se baladaient nus ou presque, et  aimaient glousser frénétiquement devant les spectacles de pugilat en tenue d’Adam et Ève, moins la feuille de vigne. Et par-dessus tout, Sparte était située dans l’actuelle Grèce. Eh bien sans le racisme sans faille dont faisaient preuve ces éphèbes imberbes (essaye-t-on de nous faire croire à Hollywood), la Grèce serait devenue perse. La crise que subit le pays aurait des allures de révolution du Jasmin, et le coup d’état de la banque centrale européenne des airs de libération démocratique.

Alors évidemment vous me demandez ce qu’est l’haplogroupisme. Non ? Eh bien tant pis, vous allez apprendre quelque chose.

« Un haplogroupe est un grand groupe d’haplotypes, qui sont des séries d’allèles situés à des sites spécifiques dans un chromosome»  (Wikipédia)

Contrairement au racisme, beaucoup plus grossier, l’haplogroupisme permet de cibler une population en fonction des ses antécédents familiaux paternels ET maternels. En effet, l’ADN contenu dans le chromosome sexuel Y, typiquement masculin, possède en son sein une partie qui permet de remonter dans l’arbre généalogique en ne suivant que les ascendants masculins directs. Pour cibler l’ascendance maternelle de l’individu, les scientifiques isolent l’ADN mitochondrial 1, dont nous héritons de la maman pendant la grossesse.

Je sais que tous ces mots à plus d’une syllabe vous font mal à la tête, alors faisons à votre niveau, regardons une carte. Notons qu’il s’agit d’une carte représentant les haplogroupes Y, donc ceux du papa.

La répartition des haplogroups dominant en EuropeEn plus elle est bien faite, il y a plein de couleurs. Merci. Au-delà de ça, que remarquons-nous ?

Au premier coup d’œil on constate qu’il est tout à fait légitime de se moquer des Italiens et que les Grecs sont en fait des terroristes. Alors évidemment, il est très difficile de déterminer l’haplogroupe d’un individu en particulier. J’ai d’ailleurs proposé à Claude Guéant, un lecteur assidu, de créer un fichier national de l’haplogroupe. Tout un chacun devra être muni d’ici 2016 de sa carte d’haplogroupe qui pourra, outre faciliter vos achats sur internet, vous tracer où que vous soyez à l’aide d’une puce RFID. Elle est pas belle la vie?

Notes:

  1. La mitochondrie, du grec mitos, mythomane et chondros, gros, est un organite qui, grosso modo, permet à une cellule eucaryote de transformer de l’oxygène en énergie.

Voter à blanc

 

Le 22 avril prochain, la foule citoyenne aux urnes est convoquée. Parmi elle, nombreux sont celles et ceux qui s’y rendront avec la ferme intention de faire entendre leur voix. Après mure réflexion, par simple tradition, par peur ou par envie, avec joie ou bien dépit, leur choix se portera sur l’une ou l’un des candidats déclarés à la présidence de la République. Hormis cependant pour celles et ceux qui, mécontents de l’offre disponible, préfèreront clamer leur immaculée consternation par un vote comptabilisé comme blanc.

 

Car comptabilisé il le sera. Avec les bulletins dits nuls et contrairement à ce que prétendent régulièrement certains experts en plateaux télés davantage qu’en droit constitutionnel. Simplement, il ne sera naturellement pas pris en compte dans les suffrages exprimés. Et comment pourrait-il en être autrement ? Qu’exprime une feuille blanche ? Un bulletin vierge ? Sinon le simple fait de considérer un choix comme le renoncement à toute idée de pureté.

 

Car évidemment, sauf à se présenter soi même, aucun candidat ne sera jamais l’exact reflet de sa pensée et de ses propres attentes. Dès lors, il s’agit pour tout un chacun d’envisager et de jauger ses accointances et ses affinités avec le programme, le parcours, la personnalité de telle ou tel postulant à la fonction suprême. Du communisme au nationalisme en passant par le centre mou et la droite dure, être en désaccord total avec l’ensemble des propositions relève de la mauvaise foi. Combien faudrait-il alors d’aspirants pour contenter l’ensemble du corps électoral ? Le double ? Le triple ? Que désire réellement l’esprit chagrin dont aucune candidature ne trouve grâce à ses convictions ? Demanderait-il la lune que Jacques Cheminade s’empresserait de promettre de la décrocher.

 

La reconnaissance du vote blanc comme un suffrage exprimé continue pourtant d’être réclamée avec insistance par quelques associations citoyennes. Considérée comme une manifestation nécessaire du vote contestataire, elle permettrait de sonder l’état de la démocratie française en faisant annuler le scrutin en cas de majorité relative. Avec une issue pour le moins étonnante : recommencer l’élection en évinçant les participants déchus. Considérant sans doute que d’une génération spontanée de dirigeants politiques vertueux surgira, lors de cette seconde consultation, la femme ou l’homme providentiel, sauveur de la représentation nationale, tel un preux et loyal chevalier. Blanc.

 

Si la pratique de la politique ne se limite pas aux rendez-vous électoraux, ils n’en demeurent pas moins des instants décisifs pour l’avenir d’un pays. L’engagement est d’autant plus pénible que le choix est délicat. Certes, en tombant amoureux d’un fantasme, aucune chance d’être cocu. En refusant de choisir, impossible de se tromper.

 

Mais en ne disant rien, le risque est grand de ne pas être entendu.

 

Guillaume Meurice

« Benjamin Biolay, le Gainsbourg du pauvre. »

Benjamin Biolay

Benjamin sirotant sensuellement un lait-fraise.

Un physique à mi-chemin entre Lino Ventura et Lorie. La voix de Vincent Delerm sous Kétamine, la rythmique d’un grand corps malade en phase terminale et le regard pénétrant de Francis Holmes. Benjamin Biolay a apparemment tout ce qu’il faut pour incarner la nouvelle scène musicale Française. Poète torturé, écorché par la bassesse des hommes, Benjamin (que tout prédestinait à la clarinette), se lance en 1990 dans la chanson avec son groupe Mateo Gallion et signe son premier single avec EMI en 1995.Ses débuts en solo sont commercialement mitigés même s’il a sa petite notoriété auprès de la jeune bourgeoisie rebelle.

Le grand public le découvre en 2000 grâce à sa collaboration sur « Chambre avec vue » -album de la maturité s’il en est, de feu Henri Salvador- et depuis, un festival de collaboration, de Isabelle Boulay à Françoise Hardy, en passant par une collaboration avec Carla Bruni, tant et tant de collaboration, en voilà un qui n’a pas peur d’être tondu.

C’est grâce à son dernier album, modestement intitulé « la superbe », qu’il a réussi à s’imposer comme LE chanteur des 12-18 à tendances suicidaires, et ce, malgré de flagrantes lacunes en esthétisme capillaire. Il rompt avec l’image type du chanteur de variété grâce à des thèmes bouleversants comme la toxicomanie sentimentale et se démarque définitivement grâce à ses ballades bouleversantes comme : « Tu es mon amour », ou encore «Reviens mon amour », comptines bouleversantes, où il nous ouvre les yeux sur nos aprioris sentimentaux. Somme toute, un album qu’on pourrait qualifier de bouleversant et sentimental, s’il n’y avait cette chanson : « Jaloux de tout » où il crie tout haut ce que tout le monde pense tout haut, complainte subversive qu’il conclue en haranguant les puissants : « J’avais sans doute trop d’amour en moi, j’étais trop jaloux de tout. »

Voilà qui devrait remettre à leur place les clichés bourgeois des relations dominants-dominés.

Cet album lui vaudra d’ailleurs deux victoires de la musique, un globe de cristal et le grade d’Officier des Arts et des Lettres de la république Française. Rassurez-vous, il reste quelques places au panthéon, je me suis renseigné.

Cependant, il serait injuste de juger l’homme uniquement sur son travail.

En effet, Benjamin sait se rendre populaire auprès des amoureux de la musique puisqu’il déclare à Technikart en 2008 : « Le pire, c’est Benabar, sa vision du monde est nauséabonde ».

Et ce n’est pas tout !

Après une vive altercation avec le même Benabar en 2009 dans un restaurant du 7ème arrondissement de Paris, il s’en prend violemment à Christophe Willem en qualifiant son CD de « pire album de l’année ». Reconnaissons-le, l’homme a un coté sympathique.

Alors comment un artiste aussi lucide peut se fourvoyer avec des textes d’une mièvrerie qui ferait passer Barbara Cartland pour Emile Zola ?

La réponse est simple : l’argent, les putes et la coke.

La « Nouvelle scène » à besoin de manger et, visiblement, elle ne se contentera pas d’un subway. Terminées les chansons à texte, il faut faire chialer dans les maternelles, et heureusement pour Benjamin, depuis Nicolas dans « Hélène et les garçons », les incompris rebelles séduisent. Son coté ténébreux en souffrance, il a su en faire un fond de commerce. Il interprétera d’ailleurs un ténébreux en souffrance dans le film très français : « Pourquoi tu pleures ? », film dont il signe aussi la bande originale, avec le single : « Pas la forme »

Vérifiez, c’est vrai.

Décidément, Benjamin a l’air d’être un joyeux luron. Espérons que les petits fours ne lui ôtent pas son talent pour les slogans révolutionnaires et, ensemble, prions pour qu’enfin il trouve l’amour et s’épanouisse dans une relation saine. Souhaitons-lui également bonne chance pour les prochains Césars.

Cordialement