Ecran de fumée

A l’heure où la polémique à propos du mariage pour tous fait rage dans les foyers, et où FEMEN et Civitas s’assignent mutuellement en justice, je suis heureux de constater que les médias font très bien leur travail en couvrant un choix politique qui réveille les instincts les plus reptiliens des français. Ne vous méprenez pas. Je ne dis pas que le mariage gay est bien ou mal, je m’en fous impérialement. Que des personnes du même sexe veuillent partager le droit à la prison maritale comme tout bon couple hétéro, ça me semble de toute façon incompréhensible, Guillaume Meurice, dont le physique n’est pas sans évoquer ce que la décence me commande de décrire comme une chimère dont la tête serait celle d’un cheval, et dont le corps rappellerait l’ornithorynque, sera d’accord avec moi.

Tout le monde s’insurge, et tout le monde a les yeux fixés sur deux parties de la population, les pour et les contre, qui se battent à coup de crème chantilly et de doc Martens coquées pour la plus grande joie des internautes et des addicts au journal de 20H, alors que la vaste majorité de la population n’aurait jeté qu’un regard blasé à la question.

Heureusement, les médias ont inventé le mot « polémique ». Ce qui force la population qui s’en fout à prendre un parti. Du coup c’est parti (ne me remercie pas. Ne me remercie que quand la blague permet d’élever d’un poil ta façon de voir les choses, petit être simple, toi qui restes un adolescent débilibidineux): on s’engueule aux repas de famille, on manifeste dans son salon à coups de pancartes, et on mélange religion et penchants sexuels.

Pendant ce temps, on ne remarque pas que la France vient de se voir dégrader sa note chez Moody’s . Donc que plus aucun fond étranger ne viendra prêter de sous aux banques et entreprises françaises, donc que vous ne pourrez plus payer vos iPhones et autres pavillons de banlieue. Alors que vous regardez vos nombrils donner votre avis, le plan d’austérité se met en place.

De même, on oublie les 64 000 étrangers expulsés en 2011 parce qu’on préfère voir les exploits de Zlatan (je sais pas qui c’est pour ma part, c’est un proche qui n’a pas les yeux en face des trous qui m’en a fait la mention lors d’un dîner mondain récent). Rappelons que si on expulse des étrangers, c’est bien sûr pour créer un emploi dont le français ne veut plus, ce qui maintient –heureusement – le chômage à un taux suffisant pour faire peur aux classes moyennes, qui vont ainsi continuer de se faire exploiter tranquillement, et pour pas un sou, alors que la Banque centrale Européenne continue d’imprimer des euros ( pour les non-comprenants, c’est la raison de l’inflation).

 

Sur ce, je ne vous embrasse pas, j’ai peur de vos mycoses plébéiennes. Et puis j’ai un rendez-vous.

Le bureau, l’usine, les champs,

sont lieux uniquement réservés au petit peuple.
les VIP appelés à gouverner le petit peuple ne sont pas assez bêtes pour fréquenter ce genre d’endroits où se courbent les échines.
La preuve :

Les ottomans, les premiers, ont affiché leur intention de glander en traitant leurs affaires d’État au diwan ce qui se traduit par « sur le divan ».
Un divan étant un lieu plus confortable pour se vautrer que pour y travailler, vous en êtes bien conscients.

Nos lords anglais et parlementaires européens, eux, ont choisi la Chambre.
Et que fait-on dans une chambre ?
On roupille. Oui. Mais encore ?
Eh oui, on baise quelqu’un ou quelques uns.
Mais qui s’aviserait d’appeler ça du travail ?

N’allez pas croire que nos ministres sont plus courageux qui, eux, choisissent de s’installer dans des cabinets.
Or que sont les cabinets sinon des lieux d’aisance clos ?
Et donc des lieux où on prend ses aises.

Voilà CQFP – Les élus sont des glandouilleurs avoués.

La Madelène de prout.

Je m’en vais, là, en tête-à-tête,
Un conte édifiant vous narrer.

 

 

 

 

Une dame s’appelait Madelène
Qui d’une France hospitalière
Se rêvait souveraine.
Avec ce nom prédestiné
Une vie royale, en d’autres temps,
Lui eut été donnée.
Hélas, le sort lui fut contraire
Qui la fit naître, c’est pervers,
En ère roturière.

Tellement de gloire obsédée,
La dame n’avait rien de commun.
Même pas bon sens, hélas !

Alors même qu’elle livrait bataille
À la conquête du pouvoir
Sans que fair play l’affecte,
Jugeant son ennemi menu
de taille autant que d’intellect,
Elle crut à la Victoire
Et s’avisa qu’elle ne voulait
Avec son amant partager
La manne récoltée.

Quand on veut se forger destin,
Il semblerait qu’il soit sensé
D’éviter les bévues.

La suite toute de moralité
Fut la débâcle sans espoir
De la fière amazone.
Ah ! Si elle avait pu savoir
Que le compagnon en disgrâce
Serait un jour vainqueur.
Qu’avec triomphe et les honneurs
Il obtiendrait la présidence
Du beau pays de France.

Elle aurait pu vaille que vaille
Pour enfin accéder au trône
Tenter sa reconquête.

Las, dans le coeur princier charmant.
Une autre l’avait remplacée.

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Cette histoire n’a pas plus de morale à offrir
que promesses de politicien n’ont d’avenir.

 

Journée internationale contre la pauvreté : octobre 2012

En octobre 2012, le dix-sept,
Je fis appel à charité
Pour aider les défavorisés.
« Prenez exemple sur nos députés                             
Lesquels, on ne saurait mieux faire,             
En ces temps de disette,                                     
Accepteraient que soit amputé                                 
De 10 % chaque mois                     
Le budget qui leur est alloué                             
Pour indemnités de frais de mandat. »

Non, je ne me ferai pas l’écho
De ceux qui trouvent à redire
Et ne savent que médire

Qui pour mesurer le geste de ces gens-là
Calculent ce que perçoit dans sa cassette
Un député lambda des plus fauchés.
Il n’y a rien de secret
Voilà détaillé ce qu’il reçoit :
En plus d’un traitement de 5189,27 euros tout net
Une indemnité de 6412,00 euros pour ses frais
Soit un revenu mensuel de 11.601,27 euros.
Ce sont donc 641,20 euros qu’il est prêt à sacrifier
Sur une somme allouée qu’il n’a pas à justifier.

Ça, c’est une participation
À la lutte contre la misère !
Ne sont-ils pas dignes d’admiration ?

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Voici exprimé mon propos
En vers (libres) et contre tout
À propos de nos députés
Qui décident de nos impôts
Sans se soucier de nos sous
Mais veillent à  leurs intérêts.

Toc toc. Je peux entrer ?

Quand on intègre un nouveau groupe
On cherche à se faire bien voir.
Faut surtout pas qu’on se loupe
Parce que, sinon, c’est l’abattoir.

Étant nana, même périmée,
Me suis dit ce s’ra fastoche
Faut seulement que je m’accroche
Finiront bien par m’accepter.

« Allez tous vous faire enculer »
Avec nom si prometteur
Le site ne pouvaient nicher
que des fondus provocateurs.

C’est bien ce que j’y ai trouvé
Il n’est qu’à voir leurs portraits
que je délivre en deça
Attention, bonjour les dégâts !

Y’a Pierre-Emmanuel Barré
Qui cogne tous azimuts
Sur n’importe quels sujets
Et qui chaque fois marque le but.

Pas l’genre de gars que l’on encule
Qui vous dore la pilule
Quand sur scène au Point Virgule
Montre du monde son ridicule.

Il y’a aussi Guillaume Meurice
Sur France Inter, il sévit
Ce mec qu’est pas triste aussi.
Y’a même des gens qui l’applaudissent.

Faut pas qu’j’oublie Greg Romano
Qu’est un drôle de zigoto
Une sorte de génie des mots
Dont il vous fouette pire que Zorro.

Morinv’ dont ne saurais trop dire
Si entre caricatures
ou vrai don pour l’écriture
Où l’est meilleur pour vous faire rire.

Et je demande aux non cités
Qui partagent même folie
Et omis dans ma galerie
De bien vouloir m’en excuser.

Le coin des bambins.

Bonjour les enfants,

Sortez de vos congélateurs, brisez vos chaines du froid, et approchez pour découvrir notre sélection de la semaine !

Comme maman mais en plus jolie, voici Barbie ménagère de moins de 50 ans !

Chouette de la lessive à faire pour toute la famille !!

Youpi du repassage pour que papa il soit tout beau demain à son rendez-vous Pôle Emploi !!

Épanouis toi en choisissant ton programme machine préféré et apprends en t’amusant, les gestes de ton futur quotidien !!

Être une femme libérée c’est pas si facile, alors pourquoi se compliquer la vie ?

Voilà un temps certain…

…que je souhaite traiter d’un sujet autant plébiscité par la masse qu’honni par l’ensemble de mes neurones : le sport. Et quel meilleur moment que celui où tout le monde s’esbaudit devant cinq imbéciles agitant le drapeau grotesque du nationalisme.

Revoyons rapidement les périodiques qui sont sortis pendant les jeux olympiques de ces cinquante  dernières années. Qu’y voit-on ? « Untel, représentant de Tel pays, détient le nouveau record du monde ».  Et ce, régulièrement. Sans blague. Personne ne s’est vraiment demandé si la vie, la Nature, avait eu le temps (en cinquante ans, rappelons-le pour nos lecteurs ayant la malheureuse habitude de trop regarder TF1) de développer un nouvel homme, appelons-le homo sapiens centdixmetrehaiesus, qui pourrait, si jamais l’environnement changeait radicalement, se retrouver au devant de la scène, rendant Homo Sapiens obsolète, à ranger dans des armoires de l’académie de médecine ?

Pour ma part, je vois cette débauche d’effets spéciaux comme un moyen moderne de savoir qui a la plus grosse. Un humoriste anglais ou américain dont le nom m’échappe a très bien souligné le fait que naître à un endroit du globe est un accident génétique. Il est aussi idiot d’être fier d’être né en France ou en Irlande que d’être fier d’avoir une prédisposition au cancer du colon. Non, ce n’est pas George Carlin, mais c’aurait pu être de lui. Je remercie sincèrement les connaisseurs de suivre.

Non mais c’est sérieux ? Cinquante ans seulement, et tous les quatre ans un record du monde battu ? Cessons d’être hypocrites, et encensons enfin les scientifiques des industries pharmaceutiques pour leur intelligence à créer des produits de plus en plus efficaces, et qui sont de moins en moins détectables aux contrôles. Rendons enfin à César ce qui appartient à Calpurnia (Pour les incultes, c’est la dernière femme de Jules césar). Je rêve en secret d’une remise de médaille aux laboratoires Servier, pour sa victoire sur la surpopulation ; Remercions Sanofi pour ses avancées sur le cancer du colon –oui, j’imaginais une course du cancer du colon assez particulière : C’est le dernier vivant qui gagne, évidemment. On peut faire la même avec un concours de bouffe de fraises tagada, des diabétiques, et tous les acteurs de l’industrie pharmaceutique.

Et par-dessus tout, je délivre d’avance la médaille d’or toutes catégories confondues à Pfizer, pour son médicament miracle, le Viagra, qui permet à tous les patients d’Alzheimer de bander pépère, sans vraiment comprendre pourquoi, ni comment.

Alors maintenant que j’ai ouvert votre esprit à un nouvel aspect de ce que vous adulez sans savoir pourquoi, ouvrez-vous, réfléchissez, et par pitié, cessez d’idolâtrer des imbéciles pour des performances qu’ils n’ont pas atteintes de leur seul travail personnel.

Pour vous convaincre, voici une entrevue entre un journaliste et un sportif quelconque. Mettez le nom que vous voudrez, vous vous apercevrez que ça ne change rien.

« Journaliste : – Alors, que pouvez-vous nous dire de votre compétition ? What can you say about the competicheune ?

Le sportif : – C’était bien, mais j’espère faire mieux la prochaine fois. »

Ca sonne familier ? (rire sardonique) C’est normal. Le sportif de haut niveau est incapable de réfléchir par lui-même.

Sur ce, bonne réflexion.

Copie qu’on forme.

Occident : ensemble des nations supérieures, des puissances économiques dominantes. Espace géopolitique d’où émane le génie de la modernité, la grandeur de l’Homme nouveau, l’avant garde éclairée de la civilisation. Berceau des avancées technologiques les plus  significatives des derniers siècles : l’électricité, la Laguna diesel, le steak tartare et la bombe nucléaire. Empire du savoir et du bon goût, par opposition aux peuplades barbares, et incultes peuplant les autres terres de la planète, incapables de faire la différence entre un chef d’œuvre de Marc Lévy et une fiente de pigeon.

« L’Histoire est toujours écrite par les puissants » se lamente-t-on entre deux louches de caviar au café de Flore. « Et pour cause ! Lorsque les tribus primitives prennent la plume, c’est pour se la mettre dans le cul ! » plaisante-t-on lorsque l’ambiance se fait plus conviviale, plus propice aux confidences. Les journalistes, économistes et autres observateurs de la marche du monde sont pourtant témoins depuis quelques décennies d’un phénomène qui tend à flatter l’égo de l’éminence hégémonique. Quelques nations, tels le Brésil, la Chine, ou l’Inde, tentent d’imiter notre modèle de développement pour, à leur tour, goûter aux joies de la suprématie rutilante. En bons historiens du présent, ils nomment ces audacieuses contrées, les pays émergents. Des pays surgis du néant pour se précipiter dans le vide.

À eux les téléviseurs couleurs plasmas, les grands prix de Formule 1, les appareils à raclette, les stock-options et les subprimes, les tapis de douche antidérapants Ikéa, les Maxi best of Big Mac Huile de Palme, les brosses à dents électriques à régulateur de fluor, les mélopées de David Guetta, l’accès à chiennesenchaleur.com illimité, le poker en ligne avec les conseils de Patrick Bruel traduits en 127 langues, les concours de tuning pour camion… Et à eux également, une espérance de vie plus longue !! Antidépresseurs vendus séparément.

Bienvenue donc à tous ces nouveaux pays qui nous font l’honneur de tenter de nous ressembler, et grâce à qui nous nous sentirons bientôt moins seuls dans l’impasse. Un mimétisme mortifère qui n’est pas sans poser la question des limites de l’imitation.

Un exemple inédit de servitude volontaire, de colonialisme consenti. Un mode de vie peu compatible avec un épanouissement durable de l’ensemble des habitants de la planète. Un modèle de développement économique basé sur l’exploitation des plus faibles. Avilissant l’Homme et son environnement, souillant peu à peu l’espace vital encore disponible. Altérant, détériorant, rongeant.

Oxydant.

Guillaume Meurice.

Nos futurs.

27 juillet de l’an 147 653. Planète Terre. La journée de fouille touchait à sa fin. Un à un, les extraterrestres regagnaient leur base avec le sentiment du devoir accompli. Aujourd’hui encore, les découvertes de traces de civilisation humaine avaient permis de mettre à jour de nouvelles données, facilitant la compréhension de cette espèce éteinte depuis quelques dizaines de milliers d’années. On savait désormais, qu’elle était capable de se tenir debout sur ses membres inférieurs, fabriquer des objets, jouer de la musique, peindre, écrire, élaborer des processus complexes, et participer à Secret Story.

Alors qu’un crépuscule naissant invitait le dernier individu à hâter son allure, il trébucha soudainement sur un objet non encore identifié. En réalité, une affiche, qu’il parvint immédiatement à dater du deuxième millénaire, portant l’énigmatique inscription « Il est impératif de marcher 20 minutes par jour ». Une injonction inédite qui suscita en lui bon nombre d’interrogations. Que risquait donc l’espèce humaine dans le cas contraire ? Avait-elle, à un moment de son Histoire, besoin de se rappeler qu’elle avait des jambes et qu’il était souhaitable qu’elle les utilise ? Devait-on s’attendre à d’autres découvertes de ce type ? « Il est conseillé de respirer régulièrement » ? « Uriner, c’est la santé » ?

Circonspect, il ramassa délicatement l’étrange recommandation, conscient de l’importance de sa trouvaille, et déterminé à la soumettre à l’expertise rigoureuse de son équipe. Lorsqu’il arriva auprès d’elle, une agitation frénétique semblait avoir gagné les esprits. « Que se passe-t-il ? » s’enquit avec empressement l’humanologue. « On vient de découvrir un étrange objet ressemblant à un tapis roulant que les Hommes semblaient utiliser, non pas pour se déplacer, mais pour courir en sens inverse », lui répondit un collègue. Et d’ajouter « Où voulaient-ils en venir en fuyant ainsi sur place ? »

Lorsqu’il exposa à son tour l’écriteau, la surprise générale n’en fut que plus saisissante. « Impossible de trouver une logique comportementale ! » affirma-t-il. « Nous classerons ces deux objets dans la catégorie des grands mystères de l’humanité. Avec les paquets de cigarettes flanquées de la mention Fumer tue, les incitations à consommer de l’alcool en grande quantité mais avec modération, les documents officiels subventionnant l’agriculture industrielle et les publicités du ministère vantant les mérites du bio. Nous ne sommes pas à l’abri de découvrir tantôt des pistolets portant l’étiquette Attention ne pas appuyer sur la gâchette si une tierce personne se situe dans l’axe du canon !! ».

« Décidément, nous ne sommes pas au bout de nos peines. J’ai bien peur que nous ne connaissions jamais le fin mot de la fin de cette civilisation aussi étonnante qu’absurde, aussi intelligente que grotesque… ». Trop évidente, trop éclatante, trop éblouissante, la preuve était pourtant là devant eux ; l’unique raison de la disparition totale de l’espèce humaine : la connerie.

Guillaume Meurice.