Le coin des bambins.

Bonjour les enfants,

Sortez de vos congélateurs, brisez vos chaines du froid, et approchez pour découvrir notre sélection de la semaine !

Comme maman mais en plus jolie, voici Barbie ménagère de moins de 50 ans !

Chouette de la lessive à faire pour toute la famille !!

Youpi du repassage pour que papa il soit tout beau demain à son rendez-vous Pôle Emploi !!

Épanouis toi en choisissant ton programme machine préféré et apprends en t’amusant, les gestes de ton futur quotidien !!

Être une femme libérée c’est pas si facile, alors pourquoi se compliquer la vie ?

Voilà un temps certain…

…que je souhaite traiter d’un sujet autant plébiscité par la masse qu’honni par l’ensemble de mes neurones : le sport. Et quel meilleur moment que celui où tout le monde s’esbaudit devant cinq imbéciles agitant le drapeau grotesque du nationalisme.

Revoyons rapidement les périodiques qui sont sortis pendant les jeux olympiques de ces cinquante  dernières années. Qu’y voit-on ? « Untel, représentant de Tel pays, détient le nouveau record du monde ».  Et ce, régulièrement. Sans blague. Personne ne s’est vraiment demandé si la vie, la Nature, avait eu le temps (en cinquante ans, rappelons-le pour nos lecteurs ayant la malheureuse habitude de trop regarder TF1) de développer un nouvel homme, appelons-le homo sapiens centdixmetrehaiesus, qui pourrait, si jamais l’environnement changeait radicalement, se retrouver au devant de la scène, rendant Homo Sapiens obsolète, à ranger dans des armoires de l’académie de médecine ?

Pour ma part, je vois cette débauche d’effets spéciaux comme un moyen moderne de savoir qui a la plus grosse. Un humoriste anglais ou américain dont le nom m’échappe a très bien souligné le fait que naître à un endroit du globe est un accident génétique. Il est aussi idiot d’être fier d’être né en France ou en Irlande que d’être fier d’avoir une prédisposition au cancer du colon. Non, ce n’est pas George Carlin, mais c’aurait pu être de lui. Je remercie sincèrement les connaisseurs de suivre.

Non mais c’est sérieux ? Cinquante ans seulement, et tous les quatre ans un record du monde battu ? Cessons d’être hypocrites, et encensons enfin les scientifiques des industries pharmaceutiques pour leur intelligence à créer des produits de plus en plus efficaces, et qui sont de moins en moins détectables aux contrôles. Rendons enfin à César ce qui appartient à Calpurnia (Pour les incultes, c’est la dernière femme de Jules césar). Je rêve en secret d’une remise de médaille aux laboratoires Servier, pour sa victoire sur la surpopulation ; Remercions Sanofi pour ses avancées sur le cancer du colon –oui, j’imaginais une course du cancer du colon assez particulière : C’est le dernier vivant qui gagne, évidemment. On peut faire la même avec un concours de bouffe de fraises tagada, des diabétiques, et tous les acteurs de l’industrie pharmaceutique.

Et par-dessus tout, je délivre d’avance la médaille d’or toutes catégories confondues à Pfizer, pour son médicament miracle, le Viagra, qui permet à tous les patients d’Alzheimer de bander pépère, sans vraiment comprendre pourquoi, ni comment.

Alors maintenant que j’ai ouvert votre esprit à un nouvel aspect de ce que vous adulez sans savoir pourquoi, ouvrez-vous, réfléchissez, et par pitié, cessez d’idolâtrer des imbéciles pour des performances qu’ils n’ont pas atteintes de leur seul travail personnel.

Pour vous convaincre, voici une entrevue entre un journaliste et un sportif quelconque. Mettez le nom que vous voudrez, vous vous apercevrez que ça ne change rien.

« Journaliste : – Alors, que pouvez-vous nous dire de votre compétition ? What can you say about the competicheune ?

Le sportif : – C’était bien, mais j’espère faire mieux la prochaine fois. »

Ca sonne familier ? (rire sardonique) C’est normal. Le sportif de haut niveau est incapable de réfléchir par lui-même.

Sur ce, bonne réflexion.

Copie qu’on forme.

Occident : ensemble des nations supérieures, des puissances économiques dominantes. Espace géopolitique d’où émane le génie de la modernité, la grandeur de l’Homme nouveau, l’avant garde éclairée de la civilisation. Berceau des avancées technologiques les plus  significatives des derniers siècles : l’électricité, la Laguna diesel, le steak tartare et la bombe nucléaire. Empire du savoir et du bon goût, par opposition aux peuplades barbares, et incultes peuplant les autres terres de la planète, incapables de faire la différence entre un chef d’œuvre de Marc Lévy et une fiente de pigeon.

« L’Histoire est toujours écrite par les puissants » se lamente-t-on entre deux louches de caviar au café de Flore. « Et pour cause ! Lorsque les tribus primitives prennent la plume, c’est pour se la mettre dans le cul ! » plaisante-t-on lorsque l’ambiance se fait plus conviviale, plus propice aux confidences. Les journalistes, économistes et autres observateurs de la marche du monde sont pourtant témoins depuis quelques décennies d’un phénomène qui tend à flatter l’égo de l’éminence hégémonique. Quelques nations, tels le Brésil, la Chine, ou l’Inde, tentent d’imiter notre modèle de développement pour, à leur tour, goûter aux joies de la suprématie rutilante. En bons historiens du présent, ils nomment ces audacieuses contrées, les pays émergents. Des pays surgis du néant pour se précipiter dans le vide.

À eux les téléviseurs couleurs plasmas, les grands prix de Formule 1, les appareils à raclette, les stock-options et les subprimes, les tapis de douche antidérapants Ikéa, les Maxi best of Big Mac Huile de Palme, les brosses à dents électriques à régulateur de fluor, les mélopées de David Guetta, l’accès à chiennesenchaleur.com illimité, le poker en ligne avec les conseils de Patrick Bruel traduits en 127 langues, les concours de tuning pour camion… Et à eux également, une espérance de vie plus longue !! Antidépresseurs vendus séparément.

Bienvenue donc à tous ces nouveaux pays qui nous font l’honneur de tenter de nous ressembler, et grâce à qui nous nous sentirons bientôt moins seuls dans l’impasse. Un mimétisme mortifère qui n’est pas sans poser la question des limites de l’imitation.

Un exemple inédit de servitude volontaire, de colonialisme consenti. Un mode de vie peu compatible avec un épanouissement durable de l’ensemble des habitants de la planète. Un modèle de développement économique basé sur l’exploitation des plus faibles. Avilissant l’Homme et son environnement, souillant peu à peu l’espace vital encore disponible. Altérant, détériorant, rongeant.

Oxydant.

Guillaume Meurice.

Nos futurs.

27 juillet de l’an 147 653. Planète Terre. La journée de fouille touchait à sa fin. Un à un, les extraterrestres regagnaient leur base avec le sentiment du devoir accompli. Aujourd’hui encore, les découvertes de traces de civilisation humaine avaient permis de mettre à jour de nouvelles données, facilitant la compréhension de cette espèce éteinte depuis quelques dizaines de milliers d’années. On savait désormais, qu’elle était capable de se tenir debout sur ses membres inférieurs, fabriquer des objets, jouer de la musique, peindre, écrire, élaborer des processus complexes, et participer à Secret Story.

Alors qu’un crépuscule naissant invitait le dernier individu à hâter son allure, il trébucha soudainement sur un objet non encore identifié. En réalité, une affiche, qu’il parvint immédiatement à dater du deuxième millénaire, portant l’énigmatique inscription « Il est impératif de marcher 20 minutes par jour ». Une injonction inédite qui suscita en lui bon nombre d’interrogations. Que risquait donc l’espèce humaine dans le cas contraire ? Avait-elle, à un moment de son Histoire, besoin de se rappeler qu’elle avait des jambes et qu’il était souhaitable qu’elle les utilise ? Devait-on s’attendre à d’autres découvertes de ce type ? « Il est conseillé de respirer régulièrement » ? « Uriner, c’est la santé » ?

Circonspect, il ramassa délicatement l’étrange recommandation, conscient de l’importance de sa trouvaille, et déterminé à la soumettre à l’expertise rigoureuse de son équipe. Lorsqu’il arriva auprès d’elle, une agitation frénétique semblait avoir gagné les esprits. « Que se passe-t-il ? » s’enquit avec empressement l’humanologue. « On vient de découvrir un étrange objet ressemblant à un tapis roulant que les Hommes semblaient utiliser, non pas pour se déplacer, mais pour courir en sens inverse », lui répondit un collègue. Et d’ajouter « Où voulaient-ils en venir en fuyant ainsi sur place ? »

Lorsqu’il exposa à son tour l’écriteau, la surprise générale n’en fut que plus saisissante. « Impossible de trouver une logique comportementale ! » affirma-t-il. « Nous classerons ces deux objets dans la catégorie des grands mystères de l’humanité. Avec les paquets de cigarettes flanquées de la mention Fumer tue, les incitations à consommer de l’alcool en grande quantité mais avec modération, les documents officiels subventionnant l’agriculture industrielle et les publicités du ministère vantant les mérites du bio. Nous ne sommes pas à l’abri de découvrir tantôt des pistolets portant l’étiquette Attention ne pas appuyer sur la gâchette si une tierce personne se situe dans l’axe du canon !! ».

« Décidément, nous ne sommes pas au bout de nos peines. J’ai bien peur que nous ne connaissions jamais le fin mot de la fin de cette civilisation aussi étonnante qu’absurde, aussi intelligente que grotesque… ». Trop évidente, trop éclatante, trop éblouissante, la preuve était pourtant là devant eux ; l’unique raison de la disparition totale de l’espèce humaine : la connerie.

Guillaume Meurice.