La fin du monde, les ouvertures faciles, la mythologie mésopotamienne

Aujourd’hui, je ne rigole plus. Le temps est à la repentance. J’écris de ma cave où j’attends la foudre. Je vous explique, parce que vous avez toujours beaucoup de mal à comprendre l’évidence. J’apprends ce jour une nouvelle de la plus haute importance, décrite dans le nouveau testament deux – le retour (1) comme une des prochaines plaies de l’humanité.

Mais commençons par le commencement, comme le dirait un imbécile – heureux ou pas, car il est bien connu que les imbéciles ne sont heureux que lorsqu’ils gagnent une élection.

La semaine du 12 au 18 décembre 2011 fût celle qui engendrera la foudre divine. Avec un an et quelques jours de retard, à cause du décalage horaire. Dieu a un rendez-vous. Sans compter qu’avec le jet-lag, il prendra probablement un peu de temps pour se reposer.

Vous vous posez légitimement la question : « Mais qu’a-t-il bien pu se passer cette semaine là ? »

Eh bien, je vais vous le dire, mais après avoir quelque peu digressé. Saviez-vous que le  4-methylimidazole était un carcinogène ? C’est le colorant du Coca Cola. Faites une pétition vous-même, je ne bois que du vin.

Donc disais-je, du 12 au 18 décembre 2011 s’est déroulée sur le site éminemment connu de l’incapable social adopteunmec.com la semaine du ROUX ! Oui, vous m’avez bien lu. Je sais que désormais vous tremblez, car vous savez que l’heure est proche, et la fin inéluctable.

L’agence auteure de cette publicité a eu la sagesse d’employer un non-roux grimé pour l’occasion.

En zoomant, on voit clairement les sourcils et les cils bruns du modèle.

Avant toute chose, et bien avant de sauter à quelque conclusion hâtive, revenons sur ce que nous savons du roux. Primo, le roux a l’apparence d’un homo sapiens comme un autre, si ce n’est qu’il donne l’impression d’avoir été laissé sur la plage arrière d’une Renault 5 toute une après-midi sur la route longeant la plage de Jard-sur-mer. Secundo, le roux n’a pas d’âme. On le sait depuis que le professeur Erik Cartmeinnstein, éminent archéologue allemand de la période Troisième Royaume, a retrouvé diverses tablettes d’agile babylonienne en Irak en 1938. D’après ces documents exceptionnels, le premier roux serait issu de l’union d’Ereshkigal et Nergal, le couple de déités régnant sur les enfers.

La coquine elle-même, en noir et blanc, l’invention de la photo en couleur n’ayant pas encore été inventée.

La teinte « feu » de la tignasse de la jeune femme (oui, c’était une femme, évidemment – qui d’autre qu’une attirante tentatrice eût pu avoir une descendance ?) serait dû aux fourneaux diaboliques dans lesquels Ereshkigal cuisinait le quatre-quarts qu’elle donnait à sa maudite progéniture au goûter. C’est dans ce même four (injustement traduit par le professeur allemand émérite par « le four à Gaspard » – du nom du chien de Nergal, à qui il avait greffé deux têtes supplémentaires un dimanche où il avait boycotté vivement dimanche parce que l’invité était Anne Roumanoff) que la fébrile, douce en apparence, avait tout simplement mis un peu de pâte à modeler dedans pour faire comme maman, inventant par la même occasion le premier faux étron de l’Histoire. Cet incident lui valut la punition classique des 25 coups de fouet, de filer dans sa chambre sans manger, ainsi que, bien évidemment, de se faire ôter son âme, parce que bon, on a beau être gentil, mais quand c’est trop, c’est trop. Le document ne parle pas des précédentes frasques de la donzelle.

Dans ces écrits, dont on attribue la plume à Nabuchodonosor II lui-même, on découvre aussi la malice dont a su faire preuve la nymphe à peine pubère. Dès sa cinquième année achevée, c’est-à-dire à sa majorité sexuelle (oui, les années duraient beaucoup plus longtemps à cette époque là) elle séduisit déjà le prince de Galles, dans le seul but de créer le peuple irlandais, qui allait donner à son tour une lignée de criminels endurcis, prête à conquérir les Amériques et Wall Street.

Vous l’aurez compris, ce récit des plus éminemment scientifiques nous prouve sans aucun doute possible que les roux sont la lie de l’humanité, la fêlure originelle des Rougon-Macquart, les inventeurs de l’emballage à ouverture dite facile.

Pour conclure, la fin du monde est proche, plus que vous ne croyez. Vivez tant que vous le pouvez. L’ire divine arrive, et elle en a après vous.  Moi non, je suis parfait.

Morinv

(1)    En vente dans toutes les bonnes librairies ambulantes. Je parle de ces libraires qui viennent par deux habillés en sari vert.